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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 11:27

DSC00053de François Olivier-Martin, de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres

Imprimeries Simon, sans date (probablement années 1940), 264 pages

J'avais le souvenir d'avoir lu ce livre, l'un des rares que nous avions à la maison, vers l'âge de douze ans. Et puis, sans doute prêté et jamais rendu, il avait disparu. Je me rappelais aussi les Olivier-Martin, famille bourgeoise qui venait passer l'été dans la grande maison, sur les bords de l'étang, comme on disait alors, avant que Jugon, petite cité de quelques 300 âmes, ne fût devenue plus pompeusement Jugon-les-Lacs par fusion avec les deux communes voisines de Lescouët-Jugon et de Saint-Igneuc. Bien des choses avaient dû m'échapper dans le livre car cette monographie est bien différente de ce qui se fait ordinairement dans ce genre d'ouvrages. Elle bénéficie en effet de la vaste culture historique de son auteur, grand professeur de droit (1879-1952) de stature nationale.

Et puis, miracle de la toile, l'idée m'est venue de taper une partie du titre et, aussitôt, une proposition de vente sur Amazon est apparue et le livre était dans notre boîte aux lettres trois jours plus tard.

Jugon, que la route à quatre voies Lamballe-Dinan ignore aujourd'hui, fut très tôt un croisement de voies est-ouest et nord-sud dominé par un château-fort que les ducs puis les rois détachèrent de l'apanage du Penthièvre pour en garder le commandement direct. La petite cité bâtie au pied du château et près du  prieuré, qui le côtoyait le long de l'Arguenon, dut à cette importance stratégique d'être jusqu'en 1789 une sénéchaussée qui députait directement aux Etats de Bretagne. Certes cette sénéchaussée était bien peu de choses, comparée à ses voisines de Rennes ou de Dinan mais elle permettait tout de même l'existence de quelques gens de robe inexistants dans les paroisses rurales bien plus peuplées d'alentour.

Le livre permet de découvrir que la ville minuscule abrita longtemps deux paroisses, plusieurs chapelles et même un hôpital, tous établissements dont il reste bien peu de traces. Il énumère aussi tous les noms importants, et les métiers, souvent glanés dans les registres paroissiaux, source principale des informations de l'auteur.

Enfin, entre les lignes, paraît la nostalgie de celui-ci pour l'ancien régime, "ses inégalités naturelles", "sa hiérarchie acceptée de tous" (p. 214) et "qui proclamait comme une nécessité sociale l'union des classes, chacune d'elles devant s'appliquer, dans sa sphère, à rechercher, en même temps que son intérêt propre, le bien de tous" (p. 215). Un petit parfum des années 30 peu étonnant pour cet ouvrage qui se clôt sur la date de juillet 1939.

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commentaires

F
Merci Bernard pour cette belle notice, très claire et utile. Cela m'a rappelé que j'étais tombé par hasard sur cet ouvrage à la BM Dinan, voici une vingtaine d'années... Les positions<br /> réactionnaires l'A. que tu soulignes judicieusement ne m'avaient pas frappé ; mais j'avais surtout feuilleté les pages sur le M.A.
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