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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 07:40

Une magnifique rétrospective au Grand Palais, regroupant 75 œuvres attribuées au Maître ou à son atelier.

Doménikos Théotokópoulos est né en Crète, probablement en 1541, dans la ville de Candie (aujourd'hui Héraklion). Il est peintre d'icônes, un art de répétition de modèles établis où la personnalité de l'artiste n'est pas mise en avant.

 

Saint Luc peignant la Vierge (1560-1566). Cette icône, une des premières œuvres connues de Greco,  déroge quelque peu à la règle puisqu'elle met le peintre en avant. Il faut dire que la Crète , possession de Venise, est en contact avec les écoles latines de peinture où la personnalité de l'artiste est de plus en plus affirmée.

Saint Luc peignant la Vierge (1560-1566). Cette icône, une des premières œuvres connues de Greco, déroge quelque peu à la règle puisqu'elle met le peintre en avant. Il faut dire que la Crète , possession de Venise, est en contact avec les écoles latines de peinture où la personnalité de l'artiste est de plus en plus affirmée.

Greco, puisque c'est sous ce surnom qu'il est connu, s'en va tenter sa chance à Venise en 1567. C'est une ville cosmopolite, dont la richesse explique l'existence de nombreux artistes. Il fréquente probablement Titien et Tintoret qui dominent la scène de la peinture vénitienne à cette époque. A leur contact, il poursuit l'apprentissage commencé dans son île natale et prend parti dans la crise qui oppose deux écoles, celle des coloristes et celle de la ligne. Il est résolument du côté des premiers même s'il n'abandonnera jamais une certaine qualité de dessin. Mais il est difficile, pour un étranger, de se faire une place dans ce monde déjà surchargé d'artistes de grande valeur. Aussi décide-t-il, en 1570, de s'installer à Rome, l'autre grand centre de la peinture italienne, encore imprégné de l'autorité du grand Michel-Ange, pourtant disparu depuis 1564.

Jeune gaçon soufflant sur une braise (vers 1569-1570). Sans doute peinte pendant la période vénitienne et plusieurs fois reprise, la peinture témoigne du goût de Greco pour l'observation directe des phénomènes naturels et pour le clair obscur.

Jeune gaçon soufflant sur une braise (vers 1569-1570). Sans doute peinte pendant la période vénitienne et plusieurs fois reprise, la peinture témoigne du goût de Greco pour l'observation directe des phénomènes naturels et pour le clair obscur.

Portrait d'un architecte (vers 1575-1576). Si Greco a du mal à accéder aux grandes commandes des institutions civiles et religieuses, notamment par son manque de maîtrise de la technique de la fresque, il est un portraitiste reconnu et la société humaniste qu'il fréquente lui passe commande, ce qui lui permet de vivre de son art.

Portrait d'un architecte (vers 1575-1576). Si Greco a du mal à accéder aux grandes commandes des institutions civiles et religieuses, notamment par son manque de maîtrise de la technique de la fresque, il est un portraitiste reconnu et la société humaniste qu'il fréquente lui passe commande, ce qui lui permet de vivre de son art.

L'Annonciation (vers 1576). Probablement une des dernières toiles peintes en Italie. On y voit l'apport de toute cette période italienne et notamment l'utilisation des couleurs à la vénitienne même si la composition et le dessin doivent beaucoup à Michel-Ange et aux autres grands peintres florentins et romains.

L'Annonciation (vers 1576). Probablement une des dernières toiles peintes en Italie. On y voit l'apport de toute cette période italienne et notamment l'utilisation des couleurs à la vénitienne même si la composition et le dessin doivent beaucoup à Michel-Ange et aux autres grands peintres florentins et romains.

Le Christ chassant les marchands du Temple (vers 1575) un des derniers tableaux peints à Rome. Greco y insère les portraits de ses principaux maîtres, Titien, Clovio, Michel-Ange, auxquels il entend désormais se mesurer.

Le Christ chassant les marchands du Temple (vers 1575) un des derniers tableaux peints à Rome. Greco y insère les portraits de ses principaux maîtres, Titien, Clovio, Michel-Ange, auxquels il entend désormais se mesurer.

Mais le Crétois ne trouve pas sa place à Rome non plus. Il faut dire que sa personnalité de plus en plus affirmée l'amène à critiquer les grands maîtres, ce qui n'est guère apprécié. On dit qu'il serait même allé jusqu'à proposer de refaire le plafond de la chapelle Sixtine! Il est donc expulsé du palais Farnèse, qui l'hébergeait et finit par se tourner vers l'Espagne, puissance ascendante de l'Europe où l'or et l'argent des Amériques affluent. En 1577, Madrid, d'abord, la nouvelle capitale de Philippe II, puis Tolède l'accueillent. Et s'il déçoit le souverain, il plaît aux autorités civiles et religieuses de l'ancienne capitale. Les commandes se multiplient et font la fortune de l'atelier du Greco et de ses collaborateurs.

L'Adoration du nom de Jésus, dit aussi Le Songe de Philippe II (vers 1575-1579). L'oeuvre fut offerte au roi, qui fut séduit par ses couleurs. Il commanda une grande toile pour le monastère de l'Escorial, Le Martyre de Saint Maurice, qui lui plut moins et mit fin à la collaboration du Greco.

L'Adoration du nom de Jésus, dit aussi Le Songe de Philippe II (vers 1575-1579). L'oeuvre fut offerte au roi, qui fut séduit par ses couleurs. Il commanda une grande toile pour le monastère de l'Escorial, Le Martyre de Saint Maurice, qui lui plut moins et mit fin à la collaboration du Greco.

L'Assomption de la Vierge (vers 1577-1579) est une des première grandes toiles commandées par l'église Santo Domingo el Antiguo de Tolède. Y apparaissent les bleus et les roses caractéristiques du peintre.

L'Assomption de la Vierge (vers 1577-1579) est une des première grandes toiles commandées par l'église Santo Domingo el Antiguo de Tolède. Y apparaissent les bleus et les roses caractéristiques du peintre.

L'Adoration des Bergers (vers 1579), autre grande toile pour la même église.

L'Adoration des Bergers (vers 1579), autre grande toile pour la même église.

Le Partage de la tunique du Christ (vers 1580-1585), une autre grande toile pour la cathédrale de Tolède.

Le Partage de la tunique du Christ (vers 1580-1585), une autre grande toile pour la cathédrale de Tolède.

A partir des années 1580 et jusqu'à la mort du maître, en 1616, l'atelier tourne à plein régime et alterne grandes toiles et tableaux plus modestes, notamment des portraits.

Le Christ sur le chemin du Calvaire ( vers 1585).

Le Christ sur le chemin du Calvaire ( vers 1585).

Saint Louis et son page (vers 1585-1590).

Saint Louis et son page (vers 1585-1590).

Saint Martin et le mendiant (1597-1599).

Saint Martin et le mendiant (1597-1599).

Le cardinal de Guevara (vers 1600)

Le cardinal de Guevara (vers 1600)

Saint Luc ( vers 1605)

Saint Luc ( vers 1605)

Souvent l'atelier revient sur le même thème et ces variations sont autant d'occasions d'améliorer la technique.

La Sainte Famille, thème récurrent, entre 1580 et 1600.La Sainte Famille, thème récurrent, entre 1580 et 1600.

La Sainte Famille, thème récurrent, entre 1580 et 1600.

Saint Pierre et Saint Paul, entre 1595 et 1605.Saint Pierre et Saint Paul, entre 1595 et 1605.

Saint Pierre et Saint Paul, entre 1595 et 1605.

Portrait de Jorge Manuel, le fils du peintre, qui l'assista à la fin de sa carrière avant de se consacrer à l'architecture. On voit ici que jamais Greco ne cessa de revenir à ses talents de portraitiste.

Portrait de Jorge Manuel, le fils du peintre, qui l'assista à la fin de sa carrière avant de se consacrer à l'architecture. On voit ici que jamais Greco ne cessa de revenir à ses talents de portraitiste.

Et, pour finir, cette magnifique oeuvre inachevée, L'ouverture du cinquième sceau, dite aussi La Vision de Saint Jean. Ce tableau, présent à Paris au début du XXème siècle, inspira de nombreux artistes.

Et, pour finir, cette magnifique oeuvre inachevée, L'ouverture du cinquième sceau, dite aussi La Vision de Saint Jean. Ce tableau, présent à Paris au début du XXème siècle, inspira de nombreux artistes.

Tombé dans l'oubli, pendant près de deux siècles, Greco fut redécouvert par les romantiques et adulé par les peintres du début du XXème siècle, dont Picasso.

Son succès ne se démentit plus, comme le prouve cette magnifique exposition.

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